Louis Ramond

Ramond - ObservationsRamond découvre les Pyrénées en 1787, alors secrétaire particulier du cardinal de Rohan, il l'accompagne après l'affaire du collier de la reine dans son exil et sa retraite à Barèges, il passe l’été et l’automne dans la ville thermale. Ramond commence à explorer ce massif afin de mieux connaître la formation géologique de cette montagne, qui fait alors l’objet de controverse, savoir si elle est granitique, comme les Alpes, ou calcaire, comme les montagnes plus anciennes ?

Ramond quitte le cardinal en décembre 1788, s’installe à Paris et fait paraître en 1789 ses premières "Observations faites dans les Pyrénées, pour servir de suite à des observations sur les Alpes". Il se lance également dans la politique et est élu en septembre 1791 comme député de Paris. Il défend en 1792 les prêtres réfractaires dont la déportation avait été votée. Menacé et considéré comme suspect, Louis Ramond fuit Paris en août 1792 et se réfugie dans les Pyrénées, arrêté en 1794 et accusé d’être un ennemi de la Révolution, il échappe de peu à la guillotine et se consacre alors exclusivement à l’histoire naturelle.

Ramond - Mont PerduLouis Ramond commence à enseigner en 1795, à l'Ecole centrale de Tarbes, ses cours rencontrant immédiatement un grand succès. En 1797, il peut enfin mener à bien un projet qui l’habite depuis longtemps : Le Mont-Perdu (3355 mètres). L’expédition, qui comprend une quinzaine de personnes dont Picot de Lapeyrouse et plusieurs de ses élèves, trouvera de nombreux fossiles mais n’atteint pas le sommet. Le récit de celle-ci paraît en 1797 sous le titre de " Voyage au Mont-Perdu " .

Ce n’est qu’en 1802 qu’il atteint enfin le sommet, Ramond relate cet exploit dans le "Journal de Mines" qui lui vaut une reconnaissance certaine des savants de son époque.
En 1806, il est nommé préfet du Puy-de-Dôme, poste qu'il occupera jusqu'en 1813, il revient dans les Pyrénées en 1809 et en 1810. Il effectue sa trente-cinquième ascension du Pic du Midi. Les récits de ses ascensions au Pic du Midi sont regroupés dans un manuscrit : "Pic du Midi : mes voyages".

Ramond prend sa retraite politique en 1822, en 1826, une expédition d'officiers géodésiens établit énéens. Ramond n'a atteint que le troisième sommet de la chaîne après l'Aneto et les Posets.

Il meurt à Paris le 14 mai 1827.

Ramond et les lacs des Pyrénées
extraits de " Carnets pyrénéens de Ramond (1792-1795) II "

- Le lac d'Escoubous peut avoir deux cents toises de diamètre. Il abonde en truites presque toutes consommées par la population parasite (?) de Barèges
- le Lac Blanc, à fleur de terre a plus d'étendue qu'il ne paraît d'abord en avoir, ce qui est dû à l'irrégularité de sa forme , une belle saxifrage(?) couvre une partie de ses bords d'un superbe gazon , Pujos (?) m'a dit avoir trouvé autour de ce lac un coquillage vivant qui y était abondant ...
le lac blanc a été ainsi nommé de la couleur de ses truites qui dit-on sont d'une couleur blanchâtre.
- le lac noir n'a pas de truites ...

- le lac de Gaube (page 156) ... Ce lac me parut peu inférieur en étendue aux lacs de la vallée d'Aure. Sa forme est régulière et belle.... En été, on entretient une barque sur le lac. Il est très poissonneux. Le docteur Labbat me dit qu'il ne l'est que du côté de son embouchure, et il attribue aux sédiments calcaires apportés du Vignemale et déposés à l'embouchure du torrent, l'aversion que les truites montrent pour cette partie du lac . Mon guide ne m'a point confirmé cette observation. ....

- Val d'Azun (page 129) ... Sur la route (de Salient) on voit les lacs poissonneux de Rémoulins (Rémoulis?). Deux autres lacs (Estaing et plaa de Prat ?) plus considérables et encore plus fréquentés des pêcheurs se trouvent dans un vallon différent et qui débouche dans la vallée principale, vers les hauteurs d'Aucun et au sein des montagnes qui lui sont opposées.

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