Abbé Gaurier L'Abbé Ludovic Gaurier fut le glaciologue, et plus précisément le limnologue (étude des lacs) des Pyrénées, mais aussi géologue, cartographe, spéléologue... rien de ce qui touche les Pyrénées n'est resté étranger à la curiosité de Ludovic Gaurier, chargé par les ministères de l'Agriculture et des Travaux Publics d'étudier les glaciers et les lacs pyrénéens.
Vingt-cinq années à parcourir et à gravir la chaîne, de l'Atlantique à la Méditerranée, à pied, à cheval, à ski, en longues campagnes d'été, en courses hivernales, ont scellé entre Ludovic Gaurier et la montagne une relation passionnée d'une incomparable richesse.

En témoignent, ses ouvrages, ses articles, ses conférences, ses poèmes et ses aquarelles (il fut poète et peintre à ses heures), sa correspondance avec le comte Henry Russell ou bien encore de très nombreuses photographies.

Ses premières études portèrent surtout sur les glaciers, celle qu'il fit au Vignemale à partir de 1900 attirent si bien l'attention qu'en 1904 il fut chargé de poursuivre pour le compte de l'Etat ses observations glaciaires.
Ludovic Gaurier publia en 1910 une "Étude hydrologique des gaves de Pau et d'Oloron" puis en 1921 un ouvrage "Études glaciaires dans les Pyrénées françaises et espagnoles de 1900 à 1909" et, à titre posthume en 1934, "Les lacs des Pyrénées françaises", réédité en 1988.

Ces études glaciaires ne pouvait manquer de l'amener à celle des lacs de haute montagne dont les réserves d'eau commençaient à être convoitées par l'agriculture et surtout comme source de production d'énergie.

Ses prédécesseurs furent Nérée Boubet en 1831, puis Lézat et Lambron en 1856 qui sondèrent le lac d'Oô. Vers 1890, Emile Belloc fit une nouvelle carte bathymétrique de ce lac et surtout inventa un petit appareil de sondage très pratique.

C'est en 1907 que Gaurier commença à se livrer à l'étude des lacs Pyrénéens. De 1907 à 1909, il s'occupa de ceux de la vallée d'Ossau. Ces premiers travaux limnologiques frappèrent l'attention du ministère de l'Agriculture qui, prenant les frais à sa charge, lui confia le soin d'étudier tous les lacs du versant français. En 1919, le ministère des Travaux Publics ajouta aussi son concours pour établir une documentation précise sur toutes les forces que pouvaient fournir les lacs étagés des Pyrénées pour assurer le fonctionnement d'usines de toutes sortes, il s'agissait surtout d'usines hydroélectriques.

Pour aboutir aux résultats demandés par les deux ministères qui avaient pris l'oeuvre à leur charge, le travail était considérable, il fallait dresser une carte complète des lacs qui existent dans la zone des Pyrénées françaises, et en étudier la profondeur et les caractères.
Gaurier signale alors sur le seul versant français 520 lacs grands et petits et dit lui même que cet inventaire est incomplet "car on en découvre sur le terrain bien plus que sur la carte de l'Etat-major".

En 1926 Gaurier a déjà cartographié 171 lacs et sa campagne de la même année porte son total à 200 lacs. Ce travail n'a pu être accompli que dans des conditions exigeant des efforts et des fatigues considérables, et le hardi montagnard s'est trouvé souvent exposé à de graves dangers.
Cette même année, parait un premier atlas contenant les cartes bathymétriques de 210 lacs. Toutes ces cartes sont levées à grande échelle, au 1/1000 éme ou 1/2000, ce qui a permis d'y inscrire les cotes des sondages qui ont été exécutés avec précision. Toutes ces cartes ont été dressées sur le terrain même, les mesures étant faites en naviguant sur un esquif démontable .Chaque carte est accompagnée d'une notice sur le régime d'écoulement du bassin, sur sa faune et sa flore, sur les voies d'accès au lac et sur les possibilités de captage. Dans chaque bassin, la nature du sol est étudiée, spécialement autour des déversoirs et des barrages naturels.

Ludovic Gaurier arpenta au total plus de 500 lacs et son atlas fait toujours référence avec 520 lacs répertoriés et 253 cartographiés.
Cet atlas n'a été tiré qu'à un petit nombre d'exemplaires et parmi les endroits qui en possèdent il y a l'Académie des Sciences et la Société de Géographie.

Gaurier fut aussi un des pionniers du ski dans les Pyrénées. Son nom reste associé à une grotte qu'il a découverte et qu'il aménagea près de la fausse brèche à Gavarnie et à qui il a donné le nom de "Villa Gaurier ".
Né à Gaillan (Gironde) en 1875, l’abbé Ludovic Gaurier s’éteignait à Pau en 1931. Très proche de Russell, dont il fut le confesseur, il repose au pied du Cirque de Gavarnie aux côtés de G.Ledormeur, de C.Passet, non loin de F.Schrader.


Ludovic Gaurier au lac du pic des Gourguets
Gaurier au lac du pic du Gourguet


Gaurier au grand lac d'Ayous et le pic du Midi d'Ossau
Campement de l'abbé Gaurier aux lacs d'Ayous


Dernière photographie de l'Abbé Gaurier au campement de Fontargente.

Dernière photographie de l'Abbé Gaurier