salvelino alpino

Omble Chevalier

Salvelinus alpinus

Omble chevalier femelle, Salvelinus alpinus
Omble chevalier mâle, Salvelinus alpinus
Omble chevalier mâle et femelle – © lacsdespyrenees.com – Photos Batista

Nom scientifique : Salvelinus alpinus
Nom français : Omble chevalier
Longueur moyenne : 20 à 30 cm (maximale : 45 à 50 cm, exceptionnellement plus)
Poids moyen dans les Pyrénées : 250 – 400 g (maximal : environ 2 kg)
Durée de vie : 10 à 20 ans

L’omble chevalier est un salmonidé originaire des régions arctiques et subarctiques de l’hémisphère Nord. Son aire de répartition naturelle est très vaste et comprend notamment l’Europe du Nord, l’Islande, le Groenland, l’Amérique du Nord et les régions arctiques de Russie.

Certaines populations vivent exclusivement en eau douce, tandis que d’autres sont anadromes : elles grandissent en mer avant de revenir en eau douce pour se reproduire. Cette grande diversité de modes de vie explique en partie la forte variabilité de l’espèce.

Isolé dans certains grands lacs alpins depuis les dernières glaciations, l’omble chevalier a également été introduit dans de nombreuses régions de montagne. Dans les Pyrénées, les premiers repeuplements ont débuté à partir de 1936, notamment à partir de poissons ou d’œufs provenant du lac Léman et de la pisciculture de Thonon.

Il a ensuite été introduit dans plusieurs lacs pyrénéens, où certaines populations se sont acclimatées et se reproduisent aujourd’hui naturellement. L’espèce a également été introduite dans des lacs du Massif central, des Alpes et dans d’autres régions du monde, notamment aux îles Kerguelen.

Voir aussi l’histoire du peuplement des lacs des Pyrénées.

Description

L’omble chevalier présente une morphologie générale comparable à celle de la truite. Son corps est fuselé et sa tête relativement grande. Le genre Salvelinus se distingue notamment du genre Salmo par ses écailles beaucoup plus petites, avec généralement plus de 200 écailles sur la ligne latérale.

La coloration est très variable selon les populations, la profondeur, la qualité de l’eau et le stade physiologique. Le dos est généralement sombre, tandis que les flancs peuvent présenter de nombreuses taches claires, rosées ou jaunâtres.

Les ponctuations sur les flancs ne sont pas vermiculées comme chez l’omble de fontaine. Les nageoires pectorales, pelviennes et anale présentent généralement un liseré clair caractéristique.

En période de reproduction, les couleurs deviennent particulièrement éclatantes. Le ventre prend alors une teinte rouge ou orangée, généralement plus marquée chez les mâles.

Habitat et comportement

L’omble chevalier est essentiellement un poisson lacustre. Il affectionne les eaux froides, claires et bien oxygénées et peut vivre à de grandes profondeurs dans les grands lacs. Dans les lacs alpins très profonds, il se rencontre fréquemment entre 30 et 70 mètres, voire davantage selon la saison et les conditions du milieu.

Dans les lacs d’altitude des Pyrénées, il s’est particulièrement bien adapté aux eaux froides. Plusieurs populations peuvent se maintenir sans alevinage régulier lorsque les conditions permettent une reproduction naturelle.

Le comportement de l’espèce varie cependant beaucoup d’un lac à l’autre. La profondeur, la température, la quantité de nourriture disponible et la présence d’autres poissons influencent directement sa croissance et sa répartition.

Dans certains lacs pyrénéens pauvres en nourriture, les ombles restent de très petite taille. Ce phénomène de nanisme est particulièrement intéressant dans les populations isolées des lacs de montagne.

Alimentation

L’alimentation de l’omble chevalier varie selon son âge, sa taille et les ressources disponibles. Les jeunes individus consomment notamment du zooplancton, des larves d’insectes et de petits invertébrés aquatiques.

Les adultes peuvent se nourrir de petits crustacés du zooplancton, de mollusques, de vers, de larves d’insectes et, lorsque le milieu s’y prête, de petits poissons.

Dans les lacs pyrénéens où les ressources alimentaires sont limitées, la croissance peut être particulièrement lente. Lorsque la population devient abondante par rapport aux ressources disponibles, les individus peuvent rester de petite taille pendant toute leur vie.

Reproduction

La maturité sexuelle est généralement atteinte après plusieurs années. Elle peut intervenir vers 4 à 5 ans chez les mâles et plus tard chez les femelles, selon les populations et les conditions de croissance.

Au moment de la reproduction, les couleurs deviennent particulièrement éclatantes, notamment chez les mâles, avec une coloration rouge ou orangée très visible sur le ventre.

La ponte a lieu principalement de novembre à janvier. Les œufs sont déposés sur des fonds de graviers, de petits cailloux ou sur des zones rocheuses propres et bien oxygénées. Dans les grands lacs, certaines populations peuvent se reproduire à des profondeurs importantes.

Les œufs se développent très lentement dans l’eau froide et leur incubation peut durer plusieurs mois. Les jeunes grandissent ensuite lentement, particulièrement dans les lacs de haute montagne où la période favorable à la croissance est courte.

L’omble chevalier dans les Pyrénées

L’histoire de l’omble chevalier dans les Pyrénées est directement liée aux opérations de peuplement des lacs de montagne. Les premiers essais ont débuté en 1936, avec des œufs provenant notamment du Léman et destinés à plusieurs lacs pyrénéens.

Contrairement à certaines espèces introduites qui ne parviennent pas à se maintenir durablement, l’omble chevalier a réussi à s’acclimater dans plusieurs lacs. Dans certains d’entre eux, les populations se reproduisent désormais naturellement.

Les conditions de vie particulières des lacs pyrénéens ont cependant produit des populations parfois très différentes de celles des grands lacs alpins. Dans les lacs pauvres en nourriture, les poissons peuvent atteindre la maturité à une petite taille et présenter un nanisme marqué.

Ce phénomène explique que l’on puisse rencontrer dans les Pyrénées des ombles chevaliers de taille très modeste, alors que l’espèce est capable d’atteindre des dimensions beaucoup plus importantes dans les milieux riches en nourriture.

Élevage

Depuis les années 1980, une petite production locale en ferme d’élevage s’est développée dans certaines zones de montagne. L’omble chevalier nécessite une eau particulièrement froide et bien oxygénée, avec une température généralement inférieure à 10 °C pour un élevage adapté.

Cette exigence explique l’intérêt de l’espèce pour certaines piscicultures de montagne disposant de ressources en eau froide, ainsi que pour les opérations de repeuplement de certains lacs.

Omble arctique et formes anadromes

L’omble arctique n’est pas une espèce différente de l’omble chevalier : il s’agit de la même espèce, Salvelinus alpinus. Le nom « omble arctique » est notamment utilisé pour désigner les populations vivant dans les régions arctiques.

Dans ces régions septentrionales, certaines populations vivent entièrement en eau douce, tandis que d’autres sont anadromes. Ces dernières gagnent la mer pour se nourrir et grandir, puis retournent en eau douce pour se reproduire.

Dans certains lacs arctiques isolés, l’omble chevalier peut constituer la principale, voire la seule espèce de poisson présente. Ces populations nordiques appartiennent à la même espèce que les ombles chevaliers introduits dans les lacs des Pyrénées.

Omble chevalier nain dans un lac pyrénéen
Omble chevalier nain – © lacsdespyrenees.com – Photo PG
Omble chevalier de 47 cm
Omble chevalier de 47 cm – © lacsdespyrenees.com – Photo Cédric Gonzalez
Omble chevalier arctique anadrome
Forme anadrome de l’omble chevalier (Salvelinus alpinus) – Photo Christophe65