Le Splake est un hybride obtenu par croisement entre une femelle Salvelinus namaycush (cristivomer, ou touladi) et un mâle Salvelinus fontinalis (omble de fontaine). Il appartient donc au genre Salvelinus, comme ses deux espèces parentes.
Le Splake a notamment été utilisé en Amérique du Nord pour la pêche et pour l'aquaculture. Ce croisement réunit certaines caractéristiques du cristivomer et de l'omble de fontaine : il peut vivre dans des eaux froides et, selon les conditions, atteindre une taille supérieure à celle de l'omble de fontaine. Il est aujourd'hui bien connu dans plusieurs régions où des individus ont été produits et introduits par l'homme.
Un essai a été réalisé dans un lac pyrénéen de très haute altitude, à environ 2700 m, avec des Splakes introduits en 1992. L'objectif était notamment d'observer leur comportement et leur capacité à se maintenir dans un milieu lacustre d'altitude.
À l'époque, il était trop tôt pour conclure à une éventuelle naturalisation de cette population. La croissance observée dans le lac expérimental était toutefois inférieure à celle de l'omble de fontaine. La présence éventuelle d'une reproduction naturelle ne signifie pas nécessairement qu'une population puisse se maintenir durablement : le recrutement, la survie des jeunes et les conditions environnementales doivent également être pris en compte.
Les expériences d'introduction d'hybrides ou d'autres poissons dans des milieux naturels doivent donc être considérées avec prudence. Dans les lacs de haute montagne, une introduction peut avoir des conséquences difficiles à prévoir sur les populations déjà présentes.
D'autres croisements entre salmonidés ont été réalisés, notamment en pisciculture, afin d'obtenir des poissons présentant certaines caractéristiques recherchées : croissance, adaptation aux conditions d'élevage, résistance à certaines maladies ou intérêt halieutique.
La truite tigrée, appelée tiger trout dans la littérature anglophone, se reconnaît notamment à ses vermiculations sombres très marquées. Elle est principalement produite artificiellement en pisciculture. Des hybridations naturelles entre truite commune et omble de fontaine ont néanmoins été observées, mais elles restent rares.
La capacité de reproduction des hybrides varie selon le croisement. Beaucoup d'hybrides de salmonidés présentent une fertilité très réduite ou sont stériles, notamment lorsque leurs chromosomes s'apparient difficilement lors de la formation des cellules reproductrices.
Le cas du Splake est particulier : certains individus peuvent présenter une capacité reproductive, mais la reproduction naturelle reste beaucoup moins courante que celle des espèces parentes et dépend fortement des conditions du milieu. Il est donc préférable de ne pas considérer tous les hybrides comme systématiquement stériles.
Un poisson triploïde possède trois jeux de chromosomes dans ses cellules, au lieu de deux chez un poisson diploïde normal. Il ne s'agit donc pas de « trois brins d'ADN », mais de trois exemplaires de chaque jeu chromosomique.
En pisciculture, la triploïdie peut être provoquée artificiellement peu après la fécondation des œufs, notamment par un choc de pression ou un choc thermique. Ces traitements empêchent une étape normale de la division cellulaire de l'œuf et permettent de conserver un troisième jeu de chromosomes.
Chez de nombreuses espèces de poissons, les triploïdes présentent une fertilité fortement réduite ou une stérilité fonctionnelle. Cette propriété peut être recherchée en aquaculture afin de limiter la reproduction des poissons d'élevage et, dans certains cas, de favoriser la croissance ou le rendement après l'âge de maturité sexuelle. Cependant, les performances des triploïdes ne sont pas systématiquement supérieures à celles des diploïdes et dépendent de l'espèce et des conditions d'élevage.
La triploïdie ne doit donc pas être confondue avec l'hybridation : un hybride possède deux génomes provenant de parents différents, tandis qu'un triploïde possède trois jeux de chromosomes. Un poisson peut d'ailleurs être à la fois hybride et triploïde dans certaines productions aquacoles.
Dans les Pyrénées, les introductions historiques de salmonidés ont concerné de nombreuses espèces et formes d'élevage. Les hybrides constituent un cas particulier de ces introductions, car leur comportement, leur croissance et surtout leur capacité à se reproduire peuvent différer fortement de ceux des espèces parentes.
L'expérience menée à très haute altitude avec le Splake constitue à ce titre un exemple intéressant de l'utilisation d'un hybride dans un lac pyrénéen. Le suivi à long terme reste essentiel pour déterminer si un poisson introduit peut réellement constituer une population autonome ou s'il disparaît progressivement en l'absence de nouveaux empoissonnements.