Bonjour à tous,
Je ne pouvais pas me priver de mettre un petit post sur ce sujet qui occupe une grande partie de mon activité professionnelle: les crues , leur gestion ou comment accompagner les cours d'eau pour limiter les effets des crues en améliorant ou maintenant leur dynamique fluviale.
Tout d'abord un lieu commun , les crues ont toujours existé et existeront toujours. Elles peuvent être bénéfiques mais aussi catastrophiques en particulier sur un cours d'eau qui a perdu sa capacité à se régénérer après une perturbations hydrologique.On appelle ceci dans le jargon que vous détestez, la résilience d'un système complexe c'est à dire la capacité d'un système complexe à se retrouver son équilibre après une perturbation.
Lorsque un cours d'eau en bon état morphologique, biologique , écologique subit une crue il y a des effets positifs:
Renouvellement des matériaux constitutifs du lit
activation de la dynamique fluviale
entretien du lit naturel et des annexes fluviatiles en vue de la reproduction (brochet entre autres)
création/disparition d'habitats
alimentation de la nappe d'accompagnement lorsqu'il y en une
purge de la végétation en mauvais état sanitaire etc...
Il y aussi des effets négatifs:
Mortalité de poissons
Anéantissement de la fraye (total ou partiel)
un cours d'eau qui fonctionne va rapidement retrouver l'équilibre avec une explosion de la vie derriere puisque souvent nous avons une grande quantité d'habitats nouvellement crées. Cela a été le cas du
gave de Pau de Gavarnie à Lourdes apres la crue du 29 octobre 2005 qui a décolmaté de nombreuses frayères, mise en fonctionnement de puissants chenaux de décharge. La fraye s'étant effectuée après on a eu droit a de très bon résultats en terme de recrutement de juvéniles l'hiver 2005/2006
Par contre et là je rejoins vos arguments il est évident que lorsqu'un cours d'eau en particulier les cours d'eau de plaine agricole qui sont recalibrés , draines subissent des crues de faible recurrence ils ont beaucoup de mal à s'en remettre car ce sont des rivières qui ne fonctionnent plus.
Autre choses, il n'y a pas plus de crue qu'avant mais pour la meme quantite de pluie tombée de nos jours on arrive a mesurer des debits de pointe plus importants dans la riviere. L'exemple le plus edifiant est la riviere Ariege qui pour une pluie décénale arrive à atteindre des debits presque centenal. Tout celà est dut à l'aménagement du bassin versant qui n'a plus la capacité à reguler cette eau qui arrive 10 fois plus vite dans le cours d'eau en erodant les terrains traversés avec encore plus de force avec les conséquences que vous avez evoquées
Pour en revenir à la gestion integreée et l'approche DCE , Thierry a raisons que la DCE va servir à tout celà. L'Agence de l'eau vient enfin de comprendre que l'on ne mesure pas la qualite d'un cours d'eau simplement en analysant quelques parametres physico chimique et qu il etait important d'avoir une approche integree du systeme complexe 'cours d'eau'. Le lit mineur le lit majeur, les annexes fluviatiles les affluents en fait l'espace riviere quoi:
Miantenant dans la DCE on definit la qualite un cours d'eau (une masse d'eau en fait)en fonction de sa morphologie(habitats, diversites des ecoulements..), de la qualite chimique de ses eaux(parametre type ph temperature..) , de la qualite biologiqe (peuplement piscicole, benthos, ..)et on le classe dans une
case bien precise:
Masse d'eau en Bon etat
masse d'eau fortement modifiee
masse d'eau en risque de non atteinte du bon etat
De plus certaine masse d'eau ont recu un classement particulier appele 'masse d'eau patrimoniale" c'est a dire sans aucune pressions humaines et qui vont servir de reference pour atteindre le fameux etat en 2015.
Alors la demarche la plus logique a adopter est de dire , essayons de connaitre les cours d'eau pour les comprendre et envisager leur restauration lorsque cela est nécéssaire ou leur maintient en bon etat ou rien du tout qand tout va bien ou tout va trop mal!!!
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