Pêche de la truite aux leurres Lacs des Pyrénées est sur Facebook
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Sujet: Quel avenir ?

bat65 *
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message 24 mai 2009 - 12:27 | Quel avenir ?  
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La montagne, celle que nous aimons, n'est pas un produit de consommation. Quand elle le devient, elle devient un objet. Mais la montagne, celle à laquelle nous tenons et qui nous tient à coeur, est un milieu dont de multiples facettes peuvent être distinguées et non séparées. Ce sont les composantes d'un même univers dont la spécificité et même la personnalité, sont faites d'un ensemble de caractères physiques, de traditions et d'un imaginaire qui en font une réalité vivante et globale.
Pour le citadin en particulier, "aller en montagne" n’est pas seulement changer de lieu ; c'est passer d'un monde à un autre, c'est découvrir et fréquenter une réalité autre. Quand on dit qu'on "aime la montagne", c'est de cette réalité globale dont on parle, même si on en privilégie occasionnellement l'un des « éléments », neige, glace, pêch, vtt,etc. Ces pratiques sont, avant tout, confrontation à cet autre que la montagne est pour l’homme, un monde à connaître et où l’on prend plaisir à inventer son chemin.
Aujourd’hui, l’unité et l’altérité de la montagne sont gravement menacées car la tendance qui s'accentue chaque jour davantage, est de socialiser et d’urbaniser la montagne, mais aussi de la morceler, d’en spécialiser les pratiques et, pour tout dire, de la décomposer. Cette tendance incite moins à faire de la montagne qu'à pratiquer des activités sportives en montagne. En voulant s’approprier la nature, l’homme en réduit la différence. Pour mieux l’humaniser, il va jusqu’à la dénaturer. Il souhaite y trouver sa propre image, cherche la confrontation avec lui-même ou avec les autres, plutôt que la rencontre d’un vis à vis, tour à tour partenaire, complice ou adversaire. Cette pente est largement exploitée par le marché du tourisme, avec ses aspects économiques, médiatiques, politiques et même sportifs. C'est une tendance à laquelle nous participons tous ...... new_puppy_dog_eyes.gif



Cela dit, je ne crois pas que s’efface l'attrait de la montagne comme réalité globale. L’alpinisme est en baisse actuellement, mais il n'y a jamais eu autant de randonneurs pour qui la montagne est à découvrir, à admirer, à respecter dans son unité vivante, aimable et redoutable à la fois. C'est cette montagne qu'il importe de ne pas laisser dépérir dans nos paysages et notre environnement, dans nos pratiques et, plus encore, dans notre culture.


Dernière modification par bat65 *: 24 mai 2009 - 12:27
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message 24 mai 2009 - 17:18 |  
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Effectivement, il n'y a jamais eu autant de randonneurs pour qui la montagne est à découvrir.
Mais à découvrir, seulement.
Citation :
C'est cette montagne qu'il importe de ne pas laisser dépérir dans nos paysages et notre environnement, dans nos pratiques et, plus encore, dans notre culture.
L'environnement restera ce qu'il est si l'humain le respecte, et ne le dénature pas en essayant de le découvrir, ou plutôt d'en tirer du pognon.
Mais pour ce qui est de la culture, c'est fini. Je n'y crois plus. A part les catalans et les basques, pour les Pyrénées centrales c'est cuit. Lorsqu'une région n'est pas capable de conserver sa langue, c'est que la culture n'y est plus. Lorsque je rencontre un berger qui n'est pas foutu de répondre, mais en plus de comprendre la question que je lui est posée en occitan, je me dis qu'il a oublié ses racines quelque-part... Alors bien sûr, il a le droit de vivre en Pyrénées et d'y élever ses bêtes. Comme les touristes ont le droit de les parcourir pour les découvrir.
Mais la culture n'y est plu. Celle que nos anciens ont mis plusieurs siècles à façonner s'en va, petit à petit. Les villages sont morts en semaine. Et ce n'est pas quelques amoureux des Pyrénées qui les feront revivre en montant jusqu'aux lacs, ou en skiant sur les pistes. Sinon, ça se saurait.
Pour refaire vivre une culture, il faut du travail. Et du travail, il n'y en a plus même dans les villes du piémont. Alors dans les villages plus hauts... Car elle était là, la culture !

Citation :
Aujourd’hui, l’unité et l’altérité de la montagne sont gravement menacées car la tendance qui s'accentue chaque jour davantage, est de socialiser et d’urbaniser la montagne, mais aussi de la morceler, d’en spécialiser les pratiques et, pour tout dire, de la décomposer.
Oui, je suis d'accord. Mais que veux-tu, c'est la seule chose que l'humain ait pu trouver dans la montagne pour en tirer du pognon. Aménageons des parkings, des pistes forestières, des buvettes, des stations de ski... Faisons découvrir la montagne en assistant les gens. Ça fait un moment d'ailleurs que ça existe, ce n'est pas nouveau. Et la montagne y a gagné quoi ? Son avenir -puisque c'est la question- est-il meilleur depuis ?
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Jeff
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bat65 *
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message 24 mai 2009 - 18:42 |  
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L'Occitanie n'existe pas en tant que telle car c'est une création du pouvoir central !!!!
On pourrait à la limite nommer ainsi les pays de langue d'oc. icon_wink.gif
Qu'en penses tu Jeff icon_question.gif

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message 24 mai 2009 - 19:35 |  
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Oui, c'est exact. Mais il n'empêche que lorsque je vais chez les catalans, j'entends parler catalan. Et leur culture est fortement présente. Nous avons quelques catalans, ici. Les plus anciens sont pailla, ange et cigale, que nous connaissons, plus d'autres. Tous parlent la langue de leurs ancêtres. sm6.gif
Chez les basques, c'est pareil, leur culture y est très fortement enracinée, tu as un fronton de pelote dans n'importe quel village, et là aussi, la langue est très communément parlée. Y compris entre les jeunes.
Et chez nous ? Ben, que dalle. L'occitan comme le gascon ont foutu le camp. Même quand j'écoute celui parlé aux actualités régionales, je rigole bien. Il est loin, très loin de celui de nos anciens.
Si j'insiste beaucoup sur la langue, c'est qu'elle me parait être absolument un facteur essentiel d'une base culturelle. Et cette culture n'est plus.
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Jeff
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message 24 mai 2009 - 20:26 |  
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Je suis d'accord avec toi sur l'existence de la langue qui maintient aussi la culture par la même.
Mais on constate aussi que le monde rural (en terme d'activités) est bien plus encré que par chez nous et c'est grâce à cela qu'ils ont pu garder leur langueet à fortiori leur culture icon_wink.gif
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game64
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message 24 mai 2009 - 20:35 |  
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ok avec vous
ici au pays basque, c'est dans les secteurs les plus ruraux que la langue se maintient le plus, surtout chez les jeunes
ailleurs (sur la cote en particulier..) elle se perd a vitesse grand V !!!:oops: icon_redface.gif
yoch64
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message 24 mai 2009 - 20:52 |  
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Ne faut-il pas voir dans la persistance d'une culture régionale forte au Pays basque et chez les catalans une influence géographique ?
En effet, ces départements se trouvant au bout de la chaîne les relations avec l'Espagne ont toujours été fournies et fortes. Or il est intéressant de constater que ces deux régions sont les seules à avoir leur pendant côté espagnol. Les "autonomias" basque et catalane étant doté d'un réel pouvoir politique et culturel n'ont-elles pas agi comme un moteur pour la survivance d'une culture dans ces deux régions côté français ?
Pour ce qui est de la langue, il est vrai que malgré la bonne volonté de quelques assos les actions menées me laissent souvent dubitatif. Ainsi, dans les écoles du secteur, une asso paie une intervenante en occitan, or les enfants n'en bénéficient qu'en maternelle et au CP avant de commencer une langue étrangère au CE1. Quel est l'intérêt d'une telle pratique pour les enfants et notre culture ? sinon se donner l'impression d'agir!!!
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message 24 mai 2009 - 21:40 |  
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Le problème chez nous est que les secteurs ruraux sont devenus quasi inexistants, absorbés par les grandes villes, Toulouse en tête.
Si nous prenons un cas que je connais bien à savoir la haute vallée de l'aude et l'ariège, faillite de formica à Quillan. Faillite du textile en pays d'olmes. Pechinet à fermé à Auzat... Idem pour la papèterie à St Girons...
Que reste t-il comme boulot pour les jeunes à part Rmiste professionnel (c'est à dire branlo) et des crèves-dalles saisonniers ?
La plupart de nos anciens vivaient avec quelques hectares de terre, une basse cour, un farnat avec deux gorets, et voilà. De nos jours, impossible.

Plus de langue, plus de boulot... Il est facilement compréhensible qu'un département comme l'Ariège dans lequel vivaient 270 000 personnes au milieu du XIXeme siècle en contient la moitié actuellement.
Tout ce que l'ariège a reçu en renfort entre 1962 et 1968 est l'arrivée de quelques rapatriés d'Algérie plus de quelques beatniks qui ont apporté l'activité rurale de l'engrais pour gazon à fumer...
La population vieillit de plus en plus, sur le Quérigut, 50 % a plus de 60 ans... 45 % à Castillon qui est l'autre extrémité du département.

Lorsque les randonneurs vont à l'étang d'Appy, ils laissent la voiture au parking juste au dessus du village du même nom. Mais savent-ils seulement que ce village, situé à 950m d'altitude, avait en 1995 six habitants dont le plus jeune avait 71 ans ?
Et la chose ne va pas s'arranger. Dans 5 ans, les prévisions donnent l'Ariège avec 1/3 de la population ayant plus de 60 ans.

Que veux-tu qu'il y ait comme activité rurale à part -hélas- une farandole de vieux ? Qui en plus, emportent avec eux toute notre culture, du moins celle que j'ai connu quand je n'étais qu'un merdaillon ?


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yoch64
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message 24 mai 2009 - 22:06 |  
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Oui mais la désertification des zones rurales touche aussi le pays basque intérieur. Là bas comme ailleurs le boulot se fait rare et malgré ça la culture subsiste et se renforce même. Il y a donc selon moi de multiples causes qui expliquent la disparition de toute identité ici et la subsistance d'un sentiment d'appartenance à une culture là bas.
Mais bon, je crois que je m'éloigne du sujet dont voulait débattre Bat.


Dernière modification par yoch64: 24 mai 2009 - 22:06
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yoch64
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message 24 mai 2009 - 22:43 |  
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bat65 a écrit:
Pour le citadin en particulier, "aller en montagne" n’est pas seulement changer de lieu ; c'est passer d'un monde à un autre, c'est découvrir et fréquenter une réalité autre. Quand on dit qu'on "aime la montagne", c'est de cette réalité globale dont on parle, même si on en privilégie occasionnellement l'un des « éléments », neige, glace, pêch, vtt,etc. Ces pratiques sont, avant tout, confrontation à cet autre que la montagne est pour l’homme, un monde à connaître et où l’on prend plaisir à inventer son chemin.

C'est ainsi que les citadins devraient aborder la montagne : un milieu à part entière avec ses codes, ses règles, sa dangerosité. Or je trouve qu'il n'en est rien. Les gens viennent sans appréhender la réalité de la montagne, sans rien savoir par exemple de la fragilité des milieux ou des risques inhérents à toute activité de pleine nature. Aujourd'hui pour certains skieurs par exemple, la neige ou la sécurité absolue sont dues.
cela aboutira d'ailleurs, j'en ai peur, à l'application du sacro saint principe de précaution bien dans l'air du temps qui fait que la montagne ne sera plus cet espace de liberté, sauvage qui me fascine. Telle activité ne pourra se faire qu'avec un guide, l'autre sera soumise à une taxe spéciale ou une assurance...bref chaque responsable cherchera à se prémunir du côté procédurier avec lequel certains ne manqueront d'aborder leurs excursions en montagne.
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message 24 mai 2009 - 23:06 |  
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je vous suis tout les deux dans votre raisonnement.
icon_wink.gif icon_wink.gif
Cependant il ya aussi une volonté politicienne derriere tout ça.
Chaque region rurale devient le parc d'attraction du monde urbain....une reserve d'indiens ou l'on se permet même de faire de l'anthropomorphisme à tout va.
Je crois bientôt que certains demanderont des acces internet dans les refuges et voudront excusez moi du terme se torcher dans de la soie.
Notre identité finit de partir avec ce système là et les cataplasmes apportés à nos régions ne font que donner bonne conscience à ds gens qui ne parlent de région qu'à travers leur ville à 800000 habitants.

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yoch64
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message 24 mai 2009 - 23:15 |  
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+1. Il est vrai que les politiques ont un rôle non négligeable dans l'évolution de la montagne et de son image. Ils veulent une montagne accueillante, accessible à tous sans efforts, sans risques.
Pour ce qui est des locaux quelques appellations d'origine suffiront à faire authentique.

Dernière modification par yoch64: 24 mai 2009 - 23:16
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message 25 mai 2009 - 07:55 |  
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Le breton, l’occitan, le corse, le basque.... étaient des langues avant que l’on oblige, dans les années 30, les gamins à parler le Français et ceci à coups de règles. En Bretagne de plus en plus de jeunes apprennent le breton (ils le passent d’ailleurs au Bac...) et cela ne les empêchent pas d’être ouverts sur l’Europe, sur le monde...une magnifique chanson de Tri-Yann, la Découverte ou l’ignorance, en parle et reste toujours d’actualité.
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paillagousti
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message 25 mai 2009 - 08:05 |  
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Bien que cela ait peu à voir avec "la montagne" ,je te corrige DAVID car tu oublies volontairement le CATALAN dans ta liste icon_mrgreen.gif icon_mrgreen.gif icon_mrgreen.gif

Mais "notre" langue est aussi enseignée ici de l'école primaire (Arrels en catalan signifie racines) au lycée,avec option au bac, et qui plus est elle bénéficie également d'un enseignement ailleurs (je ne parle pas de la CATALOGNE ,ce qui est l'EVIDENCE au Sud de notre "frontiere") mais dans des Universités comme CAMBRIDGE ou autres de par le monde !

Sans rancune !
pyrenepeche
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message 25 mai 2009 - 08:33 |  
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Concernant l'Occitanie, voici un texte de l'Encyclopédia Universalis, intéressant car bien écrit et bien argumenté sur l'Occitan et l'Occitanie
Citation :
La zone occitane forme la plus importante et la plus complexe des entités de tradition spécifiquement latine. À la différence de la moitié septentrionale du pays, elle n'a que peu connu les invasions franques. Cela expliquerait, entre autres raisons, son originalité linguistique : langues d'oc, opposées aux langues d'oïl dans le Nord. De là aussi vient sa romanité persistante, qui s'est traduite notamment par le maintien, jusqu'au haut Moyen Âge, de la civilisation gallo-romaine des villae. Malgré la violence qui a marqué la répression contre les cathares (croisade des albigeois), malgré aussi la rapacité du duc de Berry qui provoqua, vers 1380, le soulèvement des Tuchins, la mainmise « française », aux XIIIe et XIVe siècles, n'a pas été une vraie colonisation ; entre autres, il n'y a pas eu de spoliations foncières massives, ce qui fait une différence importante avec, par exemple, la conquête de l'Algérie au XIXe siècle. La francisation des zones d'oc, d'autre part, n'a commencé qu'au XVIe siècle, avec le développement de l'imprimerie. Un phénomène capital pour l'histoire occitane coïncide, au XIVe siècle, avec la papauté d'Avignon : les Occitans l'ont colonisée en masse ; pendant des siècles, l'attitude à tenir vis-à-vis de l'Église catholique restera, pour beaucoup d'entre eux, un problème plus essentiel que ne le sera l'ethnicité d'oc. Au XVe siècle commence pour les pays d'oc une longue période d'association à l'État monarchique, matérialisée à partir des années 1420-1440 par des institutions représentatives (états du Languedoc, parlement de Toulouse) ; cette période, cependant, a été marquée de soulèvements : en 1548 dans les provinces atlantiques et en 1632 dans le Languedoc. Grâce à eux, les régions occitanes ont pu maintenir leur originalité administrative jusqu'à la Révolution française. Du point de vue culturel, il est bien connu que l'originalité occitane s'est affirmée aux XIIe et XIIIe siècles avec la poésie amoureuse des troubadours. En revanche, on sait moins que la production littéraire occitane a continué bien au-delà du Moyen Âge : poésies, œuvres pieuses, romans. Grâce à l'immense prestige acquis par la culture française, cette littérature occitane s'est en fait marginalisée aux XVIIe et XVIIIe siècles : les écrivains « provençaux » ou « gascons » font alors volontiers précéder leurs écrits en « patois » d'une préface en français, qui dénonce, non sans masochisme, le caractère dérisoire du texte « dialectal » qui va suivre. Il n'en reste pas moins que certaines de leurs œuvres soutiennent la comparaison avec celles des auteurs d'oïl : ainsi les romans de l'abbé Fabre, le plus grand romancier occitan, auteur de Jean-l'ont-pris, ou les pièces délicieusement paillardes des dramaturges aixois, de G. Zerbin et de D. A. Brueys entre autres. À partir de 1850, avec Mistral et le Félibrige, une production littéraire de plein exercice va renaître, qui ne s'interrompra plus jusqu'à nos jours. L'occitanisme proprement dit est un phénomène du XXe siècle. Mais il est latent dès le XVIIIe siècle, chez des historiens régionaux comme J.-P. Papon pour la Provence ou D. Devic et J. Vaissette pour le Languedoc ; ceux-ci évoquent avec nostalgie le glorieux passé d'indépendance des provinces méridionales ; à la fin du XIXe siècle, le Félibrige, qui fut quelquefois teinté de « rouge » sous les auspices de X. de Ricard, s'oriente vers le royalisme et la droite : Charles Maurras, amoureux des libertés urbaines du bas Rhône, sera le fils spirituel de Mistral et le pur produit de la Provence blanche, avant de devenir violemment antisémite et de se compromettre avec Vichy. Après la défaite de 1940, le mouvement provençal bénéficie d'une certaine sympathie de la part du régime de Vichy, en raison surtout des velléités décentralisatrices de ce dernier. Une évolution nouvelle se dessine à partir de 1950 et surtout après 1960, sous l'impulsion de l'Institut d'études occitanes à Toulouse et de Robert Lafont à Nîmes. Le militantisme méridional cesse d'être « provençal » pour devenir résolument « occitan » ; il émigre vers l'ouest, vers le pays « cathare », et se fait socialiste, voire gauchiste (Lutte occitane). En même temps, il se reconnaît dans une sorte de néo-catharisme de cœur dont se réclament des instituteurs, des paysans, des cheminots. Autre trait caractéristique : la volonté de vivre au pays s'exprime dans l'affaire de l'extension du camp militaire du Larzac, et s'oppose aux mobilités de la main-d'œuvre voulues par le libéralisme économique. Au total, cependant, l'Occitanie n'est pas une, elle est multiple : il n'y a pas un, mais des accents méridionaux ; il n'y a pas non plus un tempérament méridional unique : que l'on songe au contraste entre protestants introvertis des Cévennes et personnalités baroques de la région de Carcassonne. La langue même est loin d'être uniforme : les dialectes gascons diffèrent sensiblement de l'occitan proprement dit. En fin de compte, c'est la communauté historique de destin à l'intérieur de l'Hexagone qui soude Occitans proprement dits et Gascons, et qui fait de leurs régions ce qu'on a baptisé traditionnellement Midi de la France, aujourd'hui appelé par certains « Occitanie ».
Il me semble que nous nous sommes un peu écartés du sujet d'origine.
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message 25 mai 2009 - 12:17 |  
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Au fait, c'était quoi le sujet d'origine ? icon_mrgreen.gif
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message 25 mai 2009 - 12:32 |  
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comment ? il y avait un sujet icon_question.gif
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avec des bonnes godasses, tu passes!
mezza
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message 25 mai 2009 - 12:56 |  
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en montagne, le sujet, c'est toujours celui qui s'y trouve !
c'est d'ailleurs pour ça qu'on y va : pour sortir de l'anomynat dans lequel nous plonge notre superbe monde moderne et se sentir vraiment "sujet" ( celui qui fait ) et plus l'"objet" qui vadrouille sans rien maîtriser.

Dernière modification par mezza: 25 mai 2009 - 13:57
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message 25 mai 2009 - 19:18 |  
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trés belle parole mezza ! tout à fait d'accord avec toi ! aujourd'hui on est stressé par le quotidien et c'est vrai que la montagne nous donne une grosse bouffée d'oxygene et nous fait oublié nos soucis. Malgré ma modeste expérience et mon jeune âge, c'est ce que je ressent à chaque fois. wink01.gif
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pour que la pêche reste toujours un plaisir !
paillagousti
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message 25 mai 2009 - 21:49 |  
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Malgré toutes les avanies qu'elle subit ,LA MONTAGNE reste une élévation de l'âme(c'est LA PALICE qui aurait pu le dire icon_mrgreen.gif mais c'est de moi icon_biggrin.gif )et immanquablement le fait d'Y aller nous apporte un "plus" ..

Hier avec ANGE ,nous étions les premiers ,donc les seuls pendant 45 minutes au sommet du PERIC...nous n'avions pas besoin de trop parler : NOUS ETIONS !!!!

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