Pêche de la truite aux leurres Lacs des Pyrénées est sur Facebook
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Sujet: Réserves de pêche

JFB
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message 24 nov 2020 - 12:03 | Réserves de pêche  
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A propos de la réglementation de la pêche et des réserves.


Alors celle-là, elle était trop belle pour ne pas la poster !

En effet, il est une frange importante rodeurs de berges qui longtemps, a cru au père Noël. Les poissons sont de plus en plus rares, donc protégeons-les de leurs ennemis les plus coriaces, à savoir les pêcheurs.

-Tailles légales de capture (maille) maintes fois revues à la hausse.
-Quotas (nombre de captures) revus à la baisse.
-Appâts prohibés par certaines AAPPMA. Terminé, le vilain asticot dévastateur de rivières, nonobstant que mis à part les incinérés, c’est toujours lui -et donc la nature- qui gagnera la partie. Terminé, le vilain vairon manié, véritable aimant à grosses truites, qui ne laisse aucune chance à une certaine catégorie de « pêcheurs », n’est ce pas messieurs les fouetteurs du département de l’Aude ?
-Vive les no kill exclusif mouche fouettée, parfois même carrément à la place des réserves, et ce sur plusieurs km, (rébenty pour ne pas le nommer) traduisant ainsi une certaine ouverture d’esprit, et surtout de partage.
-Mise en place des réserves tournantes, à l’exemple de nos lacs de montagne. Très utile, quand toute reproduction est impossible…

Et bien ce mois-ci, un journaliste halieutique et aussi vendeur d’articles de pêche à osé, dans un mensuel bien connu, parler de la chose la plus sacré des gardes- pêche, l’institution même de notre règlementation, à savoir LA RESERVE.
Qu'il en soit remercié.

Je parle bien sûr de la réserve active, c'est-à-dire celle qui interdit toute pêche, achtung, ganz verboten !

Et bien, comme toute autre règlementation, elles ne sert à … rien, ou si peu.
Si peu, car les réserves sur obstacles concernant les poissons migrateurs, les passes à poissons sur les barrages par exemple, sont d’une utilité indiscutable. Mais en dehors de celles-ci…

Donc, une petite rivière pyrénéenne a été mise à l’étude pendant 5 ans (durée moyenne de la vie d’une truite) mise en réserve, et donc étudiée pour suivre l’efficacité de cette réserve.

Les résultats traduisent parfaitement un certain bon sens incontournable, qui s’appelle encore et toujours la nature.

La mise en réserve va :
-Augmenter pendant trois ans le nombre de truites maillées, avant de progressivement baisser, truites en fin de vie. Donc favoriser le vieillissement.
-Diminuer le nombre de juvéniles, de part la forte pression des adultes, la compétition territoriale et la prédation qu’ils exercent. Même chose, retour progressif à la case départ après trois ans, puisque les adultes sont morts ou plus rares.



In fine, la densité totale n’a pas augmenté pendant cette période. La fameuse « capacité d’accueil » du professeur Léger que j’ai de nombreuses fois cité ici, que l’on appelle également la biomasse, est restée la même, réserve ou pas. Cette dernière ne permet que de sélectionner la taille des poissons, et encore sur un cycle de vie. Tout redevient en l’état une fois ce cycle de vie terminé, la nature, une fois encore, dictant sa loi. Il me semble que ceci est très facilement compréhensible… et que cette étude, qui d’ailleurs date de 1993 ne fait que traduire ce que certains pêcheurs savaient depuis très longtemps, tout en se faisant traiter de tous les noms d’oiseaux… le plus qualificatif étant « viandar à béret », infiniment plus classe que « rosbif emplumé », n’est ce pas ?




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Jeff
Dame fario : Si tu ne finis pas dans les temps, tu finiras dans le lac.


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pahu
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message 28 nov 2020 - 17:12 |  
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L'étude date un peu icon_wink.gif 1992 ->1996 icon_wink.gif
5 ans à l'échelle de la nature c'est peu !

Dans quel milieu se trouvait cette petite rivière ?
Si c'est en moyenne montagne, le débit à pu varier à cause de l'homme par exemple ou tout simplement à cause du climat qui a pu varier (réchauffement climatique)
Ce cours d'eau rejoint forcément un autre cours d'eau qui lui a peut-être été modifié par l'homme, les farios remontent dans les petits ruisseaux au plus près des sources pour se reproduire puis se laissent redescendre.

J'ai l'impression que plus aucun cours d'eau fonctionne comme autrefois icon_mrgreen.gif
C'est tout l'ensemble qui a été modifié et ce n'est pas une petite réserve qui pourra rétablir l'équilibre
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"Combien y a-t-il de lacs dans les Pyrénées? Qui les a tous vus ?" H. RUSSELL
Chorizette
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message 29 nov 2020 - 00:59 |  
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Tout d'abord, tout à fait d'accord avec les remarques sur les décisions "réflex". moins de truites ? alors ...
Citation :
-Tailles légales de capture (maille) maintes fois revues à la hausse.
-Quotas (nombre de captures) revus à la baisse.
-Appâts prohibés par certaines AAPPMA. Terminé, le vilain asticot dévastateur de rivières, nonobstant que mis à part les incinérés, c’est toujours lui -et donc la nature- qui gagnera la partie. Terminé, le vilain vairon manié, véritable aimant à grosses truites, qui ne laisse aucune chance à une certaine catégorie de « pêcheurs », n’est ce pas messieurs les fouetteurs du département de l’Aude ?
-Vive les no kill exclusif mouche fouettée, parfois même carrément à la place des réserves, et ce sur plusieurs km, (rébenty pour ne pas le nommer) traduisant ainsi une certaine ouverture d’esprit, et surtout de partage.
-Mise en place des réserves tournantes, à l’exemple de nos lacs de montagne. Très utile, quand toute reproduction est impossible…

Ces décisions ne répondent pas la plupart du temps aux problèmes rencontrés par le milieu. Un milieu dégradé n'est pas restauré par les tailles légales de capture, quotas, réserve, ... Les truites ne peuvent vivre que dans un milieu leur permettant de se nourrir et de se reproduire. Interdire la pêche, aleviner ne change rien si le milieu est ou reste stérile.

[Toutefois, il me semble que ces décisions peuvent avoir du sens lorsqu'elles répondent localement à une problématique conjoncturelle non liée au milieu (au fait oui, je sais la truite fait aussi partie du milieu). Je pense ici à certains petits ruisseaux pour lesquels la pression de pêche est loin d'être négligeable (je sais que certains ne seront pas d'accord) ou alors à des épisodes de crues dévastatrices.]

Pour revenir à l'étude, elle m'a sciée et me fait douter sur le caractère scientifique de la publication et je rejoins Pahu : une rivière non identifiée, sur une courte durée, pas de prise en compte (ou d'évocation) de contexte (après tout on pourrait aussi rappeler que 1992, 1994 et 1995 font partie des années les plus chaudes des années 90 et cela peut expliquer certaines choses ou tout du moins être pris en compte. On pourrait aussi rappeler les crues dans les PO en 1992 qui n'ont pas dû faire que du bien aux populations (même si les "truitelles se protègent mieux !?"), pas de détails (mais bon, on est dans un magazine pas dans une thèse), quelle variabilité prise en compte sur ces 5 années ...

Une conclusion rapide pourrait montrer que l'arrêt de la prédation (pression de pêche) a fait diminuer la population de truites et donc que la prédation est plutôt un facteur favorable au développement des populations (et cela est recevable au regard de grand nombre d'études, exemple entre autre des études sur les effets positifs sur les populations de cervidés du retour du loup et du lynx (et hop je lance un nouveau débat chaud chaud chaud)).

Toutefois je me garde bien de conclure à partir de ces 3 graphiques portant sur une rivière non contextualisée sur une courte durée.

Autre argument, et c'est le plus important à mes yeux :
En 1992, le milieu est dans un certain équilibre (quel qu'il soit) avec la pression de pêche. L'arrêt de la pression de pêche modifie une variable du milieu ; le milieu se dirige vers un nouvel équilibre en passant par des étapes dont les graphiques peuvent en partie rendre compte : augmentation des tailles, compétition avec les juvéniles, baisse des juvéniles, baisse du nombre total de truites puis en fin de rebond un nouvel équilibre apparait et, selon moi, l'étude devrait se poursuivre au delà ce moment-là. Pour le moment, on ne peut pas dire grand chose si ce n'est que le milieu se cherche un nouvel équilibre (qui n'est sans doute pas atteint en 4 ans) qui n'est pas un retour au "départ".

Dernière remarque icon_wink.gif : la rivière a l'air bien bien dégradée : en témoigne 2 truites maillée pour 100m² en 1992. Les "petites rivières" que je connais ne font guère plus de 2 ou 3 mètres de large (et je suis généreux) alors pour 100m² cela donne une longueur comprise entre 30 et 50 mètres. 2 truites maillées sur 30 à 50 m de rivière !!! Pas terrible.

En bref, je suis d'accord avec une très grande partie des propos de Pahu et JFB mais "l'étude" me montre ... pas grand chose.

Dernière modification par Chorizette: 29 nov 2020 - 01:02
JFB
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message 29 nov 2020 - 12:10 |  
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Citation :
L'étude date un peu icon_wink.gif 1992 ->1996 icon_wink.gif
5 ans à l'échelle de la nature c'est peu !
A l'échelle de la nature, c'est pourtant l'âge moyen de vie d'une truite en rivière, sans prédation humaine (réserve). Et c'est ça qui importe.
L'étude date un peu, effectivement. Mais à l'époque, dire qu'une réserve ne servait à rien, aurait fait passer son auteur pour un fou. Et pourtant...


Citation :
Je pense ici à certains petits ruisseaux pour lesquels la pression de pêche est loin d'être négligeable (je sais que certains ne seront pas d'accord) ou alors à des épisodes de crues dévastatrices.]
A ce jour, aucune étude n'a pu démontrer que la pression de pêche (à la ligne, bien sûr) est un facteur limitant de la population de truites, y compris en petit ruisseau. Et des études, j'en ai un wagon, tu peux me faire confiance.


Citation :
une rivière non identifiée, sur une courte durée, pas de prise en compte (ou d'évocation) de contexte (après tout on pourrait aussi rappeler que 1992, 1994 et 1995 font partie des années les plus chaudes des années 90 et cela peut expliquer certaines choses ou tout du moins être pris en compte.
Je ne vois pas en quoi la non identification de la rivière pose un problème. Mais si c'est le cas, prenons la Neste d'Oueil. Petite rivière de montagne (12 km) conforme, zéro alevinage, grosse pression de pêche (et par des pointures, là aussi tu peux me faire confiance, les commingeois sont des habitués). Toutes les pêches électriques ont démontré que cette pression ne joue en rien sur la population de truites.
Donc ceci :
Citation :
En 1992, le milieu est dans un certain équilibre (quel qu'il soit) avec la pression de pêche. L'arrêt de la pression de pêche modifie une variable du milieu ;
n'est non seulement pas prouvé, et c'est même le contraire. On voit bien qu'après 5 années de non pêche, la population revient à l'équilibre initial, c'est à dire celui avec pression de pêche... donc, à quoi a servi la réserve, sinon à que dalle ?

Citation :
la rivière a l'air bien bien dégradée : en témoigne 2 truites maillée pour 100m² en 1992.
Conclusion hâtive... pour une rivière de 3m de large, cela nous donne un linéaire de 33 mètres. En 1992, il y a bien 2 truites maillées, mais également 60 juvéniles, et un total de 90 truites... c'est tout sauf dégradé. Ce n'est pas la taille des truites qui font un milieu conforme, mais la pyramide des âges.
Et nous y venons, la mise en réserve modifie cette pyramide des âges, c'est ça qu'il faut comprendre. Une rivière dans laquelle le nombre de juvéniles est à peine plus du double que celui des truites maillées (1994 30 juvéniles pour 12 maillées) a un problème. Ou alors, la portion étudiée a un profil caractéristique, d'ailleurs impêchable avec l'électricité.
Certes, il est content le "pêcheur"... y'a du poisson maillé ! Mais la nature, ce n'est pas ça.
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Jeff
Dame fario : Si tu ne finis pas dans les temps, tu finiras dans le lac.
Chorizette
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message 11 déc 2020 - 22:45 |  
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Cher JFB,
Le travail m'a longtemps retenu et je n'ai pu répondre car je savais que cela allait me prendre du temps.
Je commence par te témoigner tout mon respect et toute mon humilité. Tes post sont toujours d'une grande pertinence, on constate que tu connais les sujets dont tu parles et on sent que ces sujets te passionnent. Je pense souvent en te lisant que j'aimerais bien un jour te croiser au détour d'un ruisseau, m'asseoir sur une pierre et discuter avec toi (les membres les plus assidus du forum me donnent aussi la même envie).
Je suis régulièrement d'accord avec toi, pour ne pas dire tout le temps... mais à 97% : 1% de ci, 1% de ça et 1% du sujet du jour.
Je ne peux te rejoindre sur les arguments et les conclusions tirées. Mais c'est le sel de la vie et c'est tant mieux.
Je pense que l'étude, ou tout du moins les données proposées, n'est pas assez détaillée. Le principe d'une étude scientifique est justement la publication de tous les résultats, cette publication comprend aussi une étude du contexte. Sans ces éléments, le doute ne peut que s'installer, on pourrait même penser que "l'étude" a consisté en une simple pêche électrique et comptage reproduite cinq fois sur un secteur dont ne connait pas contexte (et ce serait totalement insuffisant).
Je pense que nos divergence viennent aussi en partie du fait que nous ne sommes pas du même avis sur la pertinence de données publiées.

Je reprends tes arguments car pour le coup aucuns ne me convainquent. J'essaie de préciser les miens (non pas pour jouer un pingpong verbal et surtout pas pour avoir raison) pour pouvoir échanger. Et à côté d'un ruisseau se serait plus simple. icon_wink.gif et beaucoup plus sympathique.


1- Je redis la brièveté d'une étude de 5 ans à l'échelle d'une population de truite qui se reproduit qu'une fois par an au bout de 2 à 3 ans. Il aurait fallu qu'elle commence plusieurs années avant la mise en réserve pour lisser les données "avant réserve". Elle s'arrête sans que l'on sache si l'état transitoire est dépassé. Elle aurait dû s'arrêter après plusieurs années montrant un même équilibre (quel qu'il soit). Par exemple, si une étude menée avec les modalités de 1993 avait débuté cette année sur certains tronçons de certains ruisseaux de l'Ariège, les données recueillies, pour l'année de référence, auraient été ... particulières tant les crues ont donné un coup de balai. L'étude aurait pris pour référence une année non-représentative et les données des années suivantes ne caractériseraient pas un arrêt de pression de pêche mais un arrêt de pression de pêche combiné à une reconquête du milieu (par les truites et les autres espèces, une troisième variable pour le coup); reconquête parfois synonyme d'explosion démographie. L'étude serait biaisée sans prise en compte du contexte.

2-
Citation :
A ce jour, aucune étude n'a pu démontrer que la pression de pêche (à la ligne, bien sûr) est un facteur limitant de la population de truites, y compris en petit ruisseau. Et des études, j'en ai un wagon, tu peux me faire confiance.
Je te crois sur parole mais si tu pouvais m'en passer une par courrier ou mél, je suis preneur car je suis circonspect. Ces études sont-elles transposables à tous les cours d'eau de 1ère comme certains ruisseaux pyrénéens ? La qualité des études m'interroge même si je te renouvelle, sincèrement, ma confiance.

3-
Citation :
Toutes les pêches électriques ont démontré que cette pression ne joue en rien sur la population de truites.
Mais que montrent ces pêches électriques ? Pour moi, que, sous la pression de pêche, la population de truites trouve un équilibre stable (heureusement sinon je ne pourrais pas pêcher). Mais elles ne disent pas ce que serait la population sans pression puisque ces pêches électriques se font sous pression de pêche (si tu as de vrais études sur l'évolution des populations après arrêt de pression de pêche car je n'ai rien trouvé la-dessus depuis que je m'intéresse au sujet, 25 ans et j'entends toujours la même ritournelle sans que l'on puisse me montrer quoi que soit de concret).

4-
Citation :
On voit bien qu'après 5 années de non pêche, la population revient à l'équilibre initial, c'est à dire celui avec pression de pêche... donc, à quoi a servi la réserve, sinon à que dalle ?
Là, je ne comprends pas, je n'ai pas d'arguments. Les graphiques de 1992 et de 1996 sont différents. Je ne vois pas le "retour à la normale" et l'effet "que dalle". Il me semble qu'en 1996 la population est dans un état (dont on ne sait d'ailleurs pas s'il est transitoire ou d'équilibre) différent de celui de 1992.

5- Je persiste à dire que la rivière est dégradée (bien que le contexte me manque pour l'affirmer : "petite rivière" à 1500m ou "petite rivière" à 700m, déclivité, exposition, débit, contexte anthropique, etc..., j'y reviens à la fin de ce point). Prenons l'exemple de la Neste d'Oueil. A sa confluence avec la Neste d'Oo, le lit peut paraître grand en raison des affluents (bassin versant) mais la rivière (hors fonte) n'occupe qu'une partie de ce lit. Dans tous les cas, on est sur une rivière/ruisseau comme je les aime, pas très large. Prenons maintenant les données de 2 truites pour 100m² et la longueur de 12km. Imaginons que la Neste d'Oueil soit un canal uniforme de 3 mètres de large de sa source à la confluence avec le N. d'Oo (c'est énorme mais permet de calculer facilement). 12 km = 12 000 m. 12 000 x 3 mètres = 36 000 m². A raison de 2 truites pour 100m², on obtient pour ce canal de 3m x 12 km, une quantité de 720 truites maillées. Prenons 10 pêcheurs peu habiles qui ne pêchent que tous les 15 jours (ce n'est pas beaucoup). Ils ne feront que 13 sorties par an. Peu habiles, ils ne sortent que 2-3 poissons par sortie (certains diront, c'est déjà bien... moi aussi). Ces "bras-cassés" peu assidus ont tout de même sortis entre 260-390 poissons (entre le tiers et la moitié). Alors imaginons ce que cela donnerait avec des bons pêcheurs qui sortent un peu plus qu'un we sur deux, dans une rivière/ruisseau qui n'est pas un canal de 3 m du début à la fin. On arrive à ... faire dire n'importe quoi aux chiffres mais ils montrent que ce n'est pas le coin le plus poissonneux.
Alors certes, et je te rejoins sans retenu, ce qui compte c'est la répartition par taille/âge de la population. Et là aussi les données manquent. Un juvenile, ok c'est l'année t0 (truite année 0) et il y en a. Ensuite, impossible de voir comment ça évolue (une truite peut arriver à la maille après 2, 3 ou 4 années) on ne sait pas comment se comporte la population. Comment se répartissent les T1, T2, T3 ? Si on était sur un ruisseau vers 2000m, , alors le profil de la pyramide (même non détaillé) me paraitrait bien.
La pyramide des âges telle que je la constate dans les ruisseaux (non alevinés) que je pêche ressemble à celle de l'étude que j'ai trouvé ici (page6) http://www.pechehautesavoie.com/wp-content/uploads/2012/01/Note_technique_structure_taille_truites.pdf. (Vous comprendrez pourquoi je parle de t0, t1, ... c'est bien pratique). Pour les juvéniles, je ne les vois pas beaucoup dans le ruisseau mais je sais qu'ils y sont. Pour les autres tailles, c'est très proche de ce qui est montré sur le lien. Au toc, sur 10 truites (non juvéniles!), environ 6ou7 sous la maille, 2 vers 22 cm et une au-delà de 23 (et plus, icon_biggrin.gif ). En gros, sur les ruisseaux (pas rivières) que je pêche, 2 truitelles pour une maillée (et pas sur 100m). Le graphique montre, en 1992, effectivement 90 truites dont 60 juvéniles, cela fait donc 30 truitelles (non-juvéniles) pour deux maillées...

6-
Citation :
Mais la nature, ce n'est pas ça
Je suis d'accord et surtout pas un milieu anthropisé par la pression de pêche.


Pour finir et nous sommes bien d'accord tous les deux là-dessus :
Citation :
la mise en réserve modifie cette pyramide des âges, c'est ça qu'il faut comprendre
et donc inversement la pression de pêche modifie la pyramide, donc la population.

Dire que la pression de pêche (raisonnable pas celle exercée par les congélationnistes qui se vantent et distribuent des truites congelées à toute la vallée. J'assume mes propos). Donc dire que la pression de pêche (raisonnable donc) est supportable par les populations de truites, j'adhère à 100%. Dire que les mises en réserve pour réouverture ultérieure ne servent à rien, j'adhère à fond (excepté protection suite à catastrophes). Dire que les réserves permanentes ne servent à rien, j'adhère à moitié car au moins certains ne piétinent pas les frayères à l'ouverture. Dire que la pression de pêche n'a pas d'impact sur les populations est, pour moi, un dogme qui relève de l'acte de foi. Là, je ne suis plus. Car je suis pragmatique et toutes truites à qui je tords le coup sont autant de truites qui n'y sont plus.


Très cher JFB, je sais que tu trouveras les mots pour me montrer le droit chemin (sur certains points, j'en suis sûr) et comme très souvent ma compagne me verra hocher la tête comme à chaque fois que je lis l'un de tes posts (enfin à 97% icon_wink.gif ). Je te renouvelle encore, et très sincèrement, tout mon respect et je continue d'espérer te croiser un jour.

Fin du roman...

Dernière modification par Chorizette: 11 déc 2020 - 22:46
JFB
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message 19 jan 2021 - 14:50 |  
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Bonjour, et avec mes excuses pour ma réponse tardive : icon_redface.gif

En tout cas cela fait bien plaisir, car tu dois bien te douter, Chorizette, qu’une personne qui aime écrire aime également lire…

Citation :
Dire que la pression de pêche n'a pas d'impact sur les populations est, pour moi, un dogme qui relève de l'acte de foi. Là, je ne suis plus. Car je suis pragmatique et toutes truites à qui je tords le coup sont autant de truites qui n'y sont plus.

Les truites dont tu tords le coup, sauf si tu es un hors la loi, sont maillées. Donc, ta prédation va influer sur le nombre de truites adultes. Mais… si le nombre de truites adultes augmente du fait de ta non prédation, le nombre de juvéniles sera obligatoirement plus faible, de part ce que l’on appelle les mécanismes de compétition (pour les humains c’est à coups de pognon, pour les truites à coups de dents). Un juvénile qui s’approche un peu trop près d’un adulte sera au mieux expulsé, sinon bouffé. Et in fine, la densité de truites n’augmente pas ! Ce qu’il faut bien assimiler, est qu’une population de truites est tributaire de la capacité d’accueil du milieu, et que cette population ne pourra pas grossir indéfiniment. Lorsque la capacité d’accueil est saturée, le nombre de truites n’augmente plus. Alors, les dominants occupent la place, jusqu’à leur mort.
Donc une interdiction de la pêche ou une mise en réserve ce qui revient au même, aboutit à un vieillissement de la population, mais le nombre de truites total n’augmente absolument pas, et je dirais même diminue de par le nombre de juvéniles en baisse.
Une certaine catégorie de pêcheurs a également voulu faire croire qu’une truite de 1kg était une meilleure reproductrice qu’une de 250gr… le nombre d’œufs étant proportionnel à la masse corporelle, plus d’œufs, donc plus de chance d’avoir des alevins. Ceci est vrai, mais en pisciculture. Dans la vraie vie, c’est une autre histoire…
Début Novembre, ça commençait à s’agiter (du moins chez moi) sur les frayères. Les quelques truites maillées investissaient les lieux, les plus gros sujets toujours en premier. Dans la nature, la loi du plus fort est très souvent la meilleure. Cela frayait à grands coups de nageoires rabattues. Les mâles poursuivaient sur plusieurs dizaines de mètres les avortons de 18-20cm qui venaient bader au finestrou. Ce manège durait une quinzaine de jours… avant que ce joli monde ne regagne ses pénates. Et que les avortons ne réinvestissent les lieux, frayant à leur tour, souvent en détruisant le boulot de leurs prédécesseurs... La nature, ce n’est pas toujours de l’arithmétique, c’est surtout de l’observation et un peu de bon sens.
Bien plus tard, j’ai lu un rare papier qui parlait de phénomène de recouvrement. Tiens donc ?

Après, on peut avoir une approche purement halieutique, et considérer la présence de poissons maillés comme un but à atteindre. Mais une fois de plus, la nature n'a strictement rien à voir avec ça.

Poutou, manhac. Et beaux nénés à tous.
_________________
Jeff
Dame fario : Si tu ne finis pas dans les temps, tu finiras dans le lac.

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