mezza a écrit:
Je comprends bien ce que tu veux dire "pyrenepeche": c'est ce que pense la majorité du grand public, surtout ceux qui ne pratiquent pas la haute montagne en hiver.
Pour parler franchement, je m'intéresse peu, pour ne pas dire pas du tout, à ce que pense «la majorité du grand public» sur la pratique de la haute montagne, quelle que soit la saison. La montagne, j'ai commencé à la pratiquer à l'âge de 8 ans, avec mon père. Cela commence à faire un bail que je fais de la montagne et que je l'ai pratiquée dans de nombreuses conditions, même si je me suis pas mal assagi avec le temps. Je pense donc avoir acquis une certaine expérience dans ce domaine.
Citation :
Lorsqu'on pratique la montagne en condition hivernale, il y a des particularités qui sont assumées par les pratiquants mais également par tous les professionnels des secours ( eux mêmes pratiquants généralement ) .
Quand on part en montagne, il est évident qu'on prend toujours un risque. Mais on prend toujours un risque dès qu'on entreprend quelquechose ou alors, comme tu le dis, on reste chez soi et on ne fait rien. Toutefois, il y a une différence entre assumer des risques en connaissance de cause et faire preuve d'inconscience. Moi, je parle des inconscients.
Citation :
Tous mes copains secouristes ( alpes et pyrénées ) se sont engagés en connaissance de cause et ne rechignent jamais à aller porter secours car ils savent très bien que le week end qui suit, ils seront eux mêmes victimes.
Bien sûr que les secouristes se sont engagés en connaissance de cause ! Bien sûr qu'ils ne rechignent jamais à aller porter secours ! Et alors ? Youpiii !! Fonçons, soyons inconscient puisqu'en cas de pépin il y aura des gens prêts à mettre leur vie en danger pour nous porter secours. Ce n'est pas parce que des gens acceptent de se dévouer pour porter secours aux autres -et il est vrai que parmi les personnes secourues il n'y a pas que des inconscients égoïstes- que tu as obligatoirement raison, ni que j'ai obligatoirement tort. D'ailleurs, je ne pense pas que les secouristes dont tu parles se soient engagés à laisser leur peau, ni que leurs proches acceptent de les voir disparaitre de gaité de coeur.
Citation :
La montagne frappe souvent au hasard, sans regarder l'expérience ou le degrès de bétise du pratiquant.
Ce que tu écris n'est pas faux, mais il faut reconnaitre que certains ont tendance à forcer la main du destin.
Citation :
Dans mon cas, je pars le plus souvent seul, dans un lieu isolé, sans donner mon itinéraire et sans ARVA, inutile dans cette situation. Je n' ai pas le droit à l'erreur. Pas de secours possible.
Moi aussi, il m'arrive de partir seul. Par contre, je n'hésite pas à renoncer si je m'aperçois que les conditions ne sont pas bonnes. Quand je suis seul, je ne m'engage pas n'importe où et, surtout, je prends soin d'indiquer mon itinéraire. Je pense que le jour où, pour une raison ou pour une autre, tu te trouves coincé en montagne et que ta vie est en danger, ta façon de voir les choses change du tout au tout.
Peut-être, tu vas me dire que je pêches par excés de prudence et tu auras sans doute raison. Mais on m'a appris et j'ai appris à considérer la montagne comme un milieu, certe merveilleux, mais qui pouvait devenir rapidement hostile, voire dangereux. Le grand public, lui, a souvent tendance à ne voir dans la montagne que le côté ludique.
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Pyrenepeche