fab66 Posts: 2094 Pertinence:  |
7 fév 2007 - 00:36 | ...gobage... |
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Un cauchemar…
Ce soir, j’ai vécu un cauchemar.
Comment parvenir à comprendre ?
L’Homme est souvent considéré sur Terre, considéré souvent à tort et sans preuve.
Et pourtant, l’on donne souvent aux hommes notre bénédiction sans a priori, sans compte à rendre.
Encore une fois dans ma petite vie, comment ai-je pu être aussi négligeant ?
Comment ai-je pu être aussi confiant dans la Nature de l’Homme ?
Penser qu’un jour viendra pour nos enfants sans guerre, sans loi, sans frontière… Quelle belle utopie !
C’est un peu comme penser qu’un jour la gestion piscicole et la protection du milieu aquatique seront des axes majeurs d’intérêts chez la plupart des pêcheurs…
Je suis « pêcheur », malheureusement peut être pour ma chère et tendre épouse, heureusement aussi dans un sens, parce que sans cela, je deviendrais peut être fou !
Parce que la Vie et ses turpitudes sont tellement dures à supporter pour les âmes sensibles, parce qu’une échappatoire aussi mince soit-elle est toujours un planche de salut providentielle.
Parce que l’on a la chance d’avoir des proches qui comprennent, et parce que comme le dit si bien Robert Traver, « le pêcheur de truites pêche non pas parce qu’il considère la pêche comme une activité de la plus haute importance, mais parce qu’il soupçonne les autres quêtes et soucis des hommes d’être tout aussi futiles. ».
Je suis venu par pur hasard à la pêche au fouet, je préfère dire « au fouet », car « à la mouche » signifie autre chose ou pas grand-chose. Un jour, un parent m’a demandé : « comment vous faites pour pêcher des mouches … ? ».
Par hasard, parce que mon père m’a initié tout petit, à la pêche au coup, puis à la pratique du lancer dès l’âge « costaud » de tenir une canne à lancer.
Pêche des carnassiers que sont les sandres, brochets, perches, black-bass, et parallèlement, pratique de la pêche « au toc » de la truite essentiellement.
Peu à peu, la truite est devenue jalouse et exclusive, peut être à cause de ses points rouges comme autant de fard, critère de beauté ?
Les années sont passées, et la pratique s’est usée, le toc me passionne toujours autant mais avec moins d’entrain, moins d’angoisse, moins d’envie de découverte, et comme beaucoup d’hommes qui se plaignent, le regret de ne pas avoir sauté le pas, de ne pas avoir tenté de découvrir d’autres techniques.
C’est ainsi que ma douce m’a offert un jour d’anniversaire, un ensemble complet, canne à mouche, moulinet et soie, complété par son frère, un ensemble de montage de mouches pour débutants.
Quelle erreur ! Ou bien quel bonheur !
A partir de ce jour là, le désert des envies a disparu comme un mirage du Sahara, la pêche au fouet est devenu une quête, et je suis parti à la pêche, comme un malheureux, comme un perdu…
Je considère aujourd’hui que celui qui pense savoir, ne sait pas grand-chose, sauf de croire « qu’il sait » dans le domaine de cette pratique de pêche.
Et je suis parti fier comme Artaban, avec mon fouet, sur ma petite rivière locale, et la première fois que la mouche s’est posé, un poisson est monté et a prit cette mouche ordinaire, et cela a suffit pour rendre ce moment peu ordinaire.
A partir de cet instant, ma vision de la pêche a changé, pendant deux années longues et monotones, je n’ai pas pris un seul poisson « digne », hormis quelques blanchailles.
Puis l’envie de progresser m’a poussé à trouver « Maître » ou « Ecole », et là Internet est venu à mon secours afin de chercher, et trouver l’objet de mes envies.
C’est ainsi que j’ai appris l’existence de « club », d’endroits secrets où l’on se retrouve pour ne parler que de nos envies les plus basses et matérielles.
C’est dans ces conditions que j’ai appelé par hasard un club, et que j’ai pu trouver au bout des « gens comme moi ».
J’étais venu pour apprendre à fouetter, ce que je ne sais toujours pas faire…
Et l’on m’a mis un étau devant les yeux, et l’on m’a montré comment monter une mouche, et j’ai rengorgé mes sensations et je me suis dit essaye encore pour voir si cela te convient, insiste et signe…
Ainsi est née la passion du montage dans mon esprit, encore par hasard, et je m’y plais à délirer sur des matériaux, ou à rêver de mouches « systématiquement efficaces ».
Et j’ai monté, monté, monté des mouches, à ne pas savoir quoi en faire, 450 mouches la première année, jamais autant !
Et puis j’ai pêché, connu des camarades de pêche, appris beaucoup, avancé surtout.
Et j’ai senti le besoin de rendre ce que je recevais, et j’ai souhaité participer.
Je suis devenu un membre « actif », avec ses défauts et qualités comme chacun, persuadé que le meilleur est toujours à venir, et le pire n’est qu’un mauvais souvenir…
Et j’ai « dépensé sans compter », temps, heures, famille, satisfaction, nuits…
Puis un jour, parce que peut être que la pêche demande de la précision, du doigté, de l’expérience, on m’a reproché cette « précision », cette « expérience » et ce « doigté ».
Et ce soir, je ne comprends plus, je suis comme la truite prise, hébétée, et perdue, je cherche le fond pour m’y terrer, parce que du Silence vient la Paix.
Plus le temps passe et plus je me sens en osmose avec ma quête, plus la truite me comprends et plus je comprends la truite.
La Pêche n’est qu’une longue Philosophie de la Vie qui ne s’arrête jamais…
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